DevFest Toulouse 2019

Publié le 9 Octobre 2019

Pour la troisième année consécutive, je me suis rendu dans la ville rose afin d’assister au DevFest Toulouse. C’est une conférence «pour les développeurs par les développeurs» se déroulant le long d’une journée, et où j’ai pu assister à des talks divers et variés autour du web, du métier de développeur et de la pléthore de technologies qui font mon métier. On a parlé Rust, Scala, Agilité, mais aussi Android, impression 3D et chocolatines. Petit retour d’expérience.

La journée a commencé par une keynote de bienvenue animée par Maxime Pawlak grimé en Steve Jobs, qui nous a fait une présentation en mode «amazing». Le ton était donné dès la remise du badge d’entrée, entièrement retravaillé par leurs équipes de «genius designers» : deux fois plus grand, deux fois plus large, deux fois plus encombrant à porter autour du cou. Merci Apple le DevFest !

La journée de conférences commençait timidement, avec «Une histoire de l’informatique, du métier à tisser à la machine de Babbage» animé par Fabien Trégan. Je suis resté un peu sur ma faim, le choix de ce talk étant bien en deçà de la formidable keynote d’ouverture de l’an dernier où Laurent Victorino avait réussi à manipuler 700 personnes en faisant une «fausse» présentation interactive. Pendant 40 minutes, Fabien nous a donc retracé quelques grandes avancées technologiques et mathématiques qui tissent un fil rouge aux prémices de l’informatique modernes. C’était intéressant, surtout grâce au support de maquettes (il ne manquait que Jamy Gourmaud pour bien faire), mais un peu confus sur la longueur.

J’ai pu ensuite assister à «The rise of the web», un talk captivant où Loïc Ortola a retracé l’arrivée du Web, l’histoire de Netscape, la naissance de PHP et l’émergence de la déferlante JavaScript. C’était un sujet passionnant, magnifiquement bien raconté et illustré.

Sur cette lancée, je me suis plongé dans la conférence de Elliot Alderson (alias @fs0c131y, ou Baptiste Robert de sa véritable identité) qui nous a raconté «L’histoire de la découverte d’une backdoor signée OnePlus». J’avoue être entré dans la salle sans savoir à quoi m’attendre. Je ne suis ni développeur Java, ni développeur Android, mais j’étais intrigué par cette histoire. Je ne connaissais l’auteur que via son fil Twitter, et je dois avouer que même si je suis très fan de la série Mr Robot, j’ai toujours un peu de mal avec les gens qui s’identifient d’un peu trop près à des personnages de fiction . Au final, le talk était extrêmement intéressant, et même s’il parlait d’un langage que je ne maîtrise pas du tout, Baptiste a réussi à captiver la salle par son histoire totalement hallucinante où en une soirée, complètement par hasard, il réussit à trouver une faille de sécurité permettant l’accès root à des miliers (des milions ?) de téléphones Android à travers le monde. J’ai eu la chance d’échanger avec lui par la suite. Baptiste est le genre de personne à qui on a envie de poser un million de questions, et toutes ses réponses piquent la curiosité. Il m’a confié ainsi l’avalanche de requête de la part de la presse dont il a été la cible (la victime ?) suite à la révélation de ce «hack». Une célébrité aussi soudaine qu’éphémère qui lui aura permis de gagner en notoriété, mais aussi quelques enemis au passage.

Midi approchant rapidement, c’était l’heure pour les quickies, ces petits talks sur des sujets un peu plus légers. J’ai donc assisté à une présentation de code collaboratif sur VS Code via Live Share, une extension développée par Microsoft. Olivier Leplus et Tiffany Souterre nous ont donc présenté comment, grâce à VS Code, on peut partager du code source sans même avoir à cloner un repo. C’est une fonctionnalité que je connaissais pour l’avoir déjà testé brièvement il y a un an, mais j’ai trouvé intéressant de voir ce que les équipes de Microsoft ont ajouté depuis. Ainsi, on peut maintenant installer des plugins à cette extension (comme un timer pomodoro ou un whiteboard par exemple), et chose très pratique : on peut faire du routage de ports afin de partager un serveur à distance et même un terminal (en lecture / écriture !). C’était très intéressant, même si il faut l’avouer difficile à montrer en live. Olivier et Tiffany on dû faire une démonstration de travail collaboratif sur un seul écran et cela demandait une petite gymnastique mentale pour bien se représenter ce dont il était sujet.

Dernier quickie, Richard Fagot nous a présenté son «distributeur automatique d’argent de poche pour les enfants». Derrière une idée basique (comment distribuer de l’argent de poche à ses enfants ?) repose plus de deux mois de travail plein, de la R&D, de la conception, un peu de chimie, de la mécanique, de l’impression 3D, du code, des cartes à puces, etc… Le sujet était totalement passionnant, et le produit final (Richard avait la machine avec lui) est très bien réalisé. Le but était d’apprendre à ses enfants la valeur de l’argent, mais je suis persuadé que Richard a lui-même appris énormément de choses en se retroussant les manches et en imaginant un tel objet. Bravo !

Les speakers et l'équipe du DevFest

Retour aux choses «sérieuses» après la pause repas, Sylvain Wallez nous fait une démo de WebAudio et Tone.js. C’était rigolo même si j’avoue n’avoir vu aucune application pratique pour moi. Chapeau à Sylvain cependant, faire une démo avec de l’audio pendant 40 minutes sans aucun plantage, c’est fort !

Noël Macé a ensuite pris la parole pour un talk sur le Javascript «vanilla». J’attendais beaucoup de ce talk, et je pensais que ça allait être un «back to basics», à la manière des dernières présentations d’Hubert Sablonnière (conférencier que je suis avec beaucoup d’intérêt, ses talks sont captivants, comme l’an dernier sur les cookies HTTP). C’était en réalité un petit tour d’horizon des différents frameworks existants aujourd’hui, et une réflexion un peu plus généraliste sur la tendance actuelle à s’engager dans un framework sans une réelle recherche sur l’utilité d’une telle action. Bien présenté, mais cela manquait de profondeur, c’est domage.

La fin de journée commençait à se faire sentir mais je me dirigeais avec impatience vers la prochaine salle pour revoir un speaker que j’ai eu le plaisir de découvrir l’an dernier : Piotr Przybył. Son talk, sobrement intitulé «Four diseases», passait en revue quatre exemples de mauvaises pratiques que l’on peut rencontrer souvent dans notre métier. Les architectures trop lourdes, les mauvaises implémentations fonctionnelles, un typage trop permissif ou encore les pièges à vouloir recréer des choses déjà existantes. Piotr fait partie, avec Hubert cité plus haut, de ces speakers totalement fascinants qui ne font pas qu’uniquement présenter des slides mais amènent leur public à une réelle réflexion sur des sujets profonds. Hubert a une capacité incomparable à raconter de véritables histoires durant ses talks. Piotr introduit une certaine poésie à des réflexions qui sont parfois très techniques. J’en suis ressorti enrichi, avec une critique sur certaines bonnes pratiques qui restera avec moi. Pour moi, ce talk, avec ceux de Richard Fagot, fs0c131y et Loïc Ortola justifiait amplement le déplacement.

Entre les talks, nous avions la possibilité de rencontrer les différents speakers de la conférence, grâce à des «Office hours» organisées tout au long de la journée. J’ai pu échanger avec quelques développeurs, qui parfois font des choses qui n’ont absolument rien à voir avec mon domaine d’expertise. Ce genre de rencontre est toujours enrichissante, car cela permet d’aborder une nouvelle vision à des problèmes communs, ou tout simplement pour découvrir de nouveaux horizons. Tout un étage du Centre des Congrés était ainsi réservé à différents acteurs du numérique qui venaient présenter leur entreprise ou leurs produits. J’ai pu par exemple échanger avec GitHub, et récupérer un petit autocollant Octocat au passage. Parce qu’il faut être honnête, assister à une journée de conférence est un moyen déguisé de récupérer des stickers pour son laptop. 😋

J’ai aussi pu rencontrer Berger Levrault, éditeur de solutions numériques pour collectivités. C’était très intéressant d’échanger avec leurs équipes, et c’est exactement ce dont je parlais plus haut. Berger Levrault est dans un secteur qui ne me concerne pas du tout, mais leurs problématiques rejoignent un peu les miennes : le travail en remote, la gestion d’un code legacy, l’approche de migrations techniques, etc…

La keynote de fin, animée par Christian Fauré, portait sur une «analyse critique des Tech Trends». Christian est une personne fascinante. Son expertise, alouée à sa grande expérience, lui permet une réflexion profonde et très intéressante sur le sujet de la prédiction des technologies informatiques. C’était un très bon choix pour finir cette journée, et faisait parfaitement écho à la keynote d’ouverture. Nous avions commencé la journée en étudiant le passé, nous la finissions en essayant de deviner le futur.

La journée se terminait. Pendant que certains allaient faire la fête, je me dirigeais prestement vers la gare afin de rentrer dans mes contrées. C’est dans le train que j’écris ce texte, fatigué mais la tête pleine d’idées, et excité à l’idée de tenter de nouvelles choses et d’apprendre tous les jours un peu plus. Un grand merci aux équipes du DevFest Toulouse qui ont encore une fois organisé un événement formidable.

À l’année prochaine !

Bullet

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